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L'Indépendance du Vanuatu
Independance


La terre, pour les Néo-Hébridais, n'était pas une chose que l'on pouvait posséder. Et donc, elle ne pouvait pas être vendue. Cette certitude, portée de génération en génération, était à la base de la tradition bien avant la naissance de Jesus Christ. On pouvait la donner, ou vendre son usage, mais on ne pouvait commercialiser la terre elle-même. Cependant, les Européens avaient une idée toute différente. Dans le milieu des années 1960, les Européens réclamèrent des droits de propriété sur près de 30 % des terres du pays. Dans certains endroits d'Espiritu Santo, ils exigèrent ainsi plus de terrains qu'il n'en existait réellement, à moins que ces territoires continuent sous la surface de l'océan. Les colons, pour la plupart, avaient fait nettoyer la brousse pour planter des cocotiers, le copra étant le pilier de l'économie depuis longtemps. Mais quand le prix du copra commença à chuter, les planteurs cherchèrent une autre source de revenus. Dans l'idée d'élever du bétail, ils entreprirent de défricher la forêt proche de leurs propriétés. Ceci poussa les villageois d'Espiritu Santo et Malekula à protester, car leurs terres traditionnelles étaient menacées par ce défrichage. Les protestations allèrent augmentant et un ressentiment naturel vit le jour vers la fin de la 2e Guerre mondiale, ce qui entraina la formation de partis politiques. L'un d'entre eux, le mouvement du Nagriamel respectant la coutume était téléguidé par les Français. Mené par le charismatique Jimmy Stevens, son but était de protéger les terres traditionnelles mélanésiennes. D'un autre coté, en 1971, quand Stevens déposa une pétition auprès de l'ONU pour une indépendance de l'archipel, le pasteur anglican Father Walter Lini forma le Vanua'aku Paty, soutenu par les anglophones.

Comme le pays devenait politisé, les anglicans (en minorité) rejoignirent le Vanua'aku Paty, pendant que les francophones (la majorité) se séparaient. De nombreux métis et Mélanésiens francophones se considéraient eux-mêmes plus français que mélanésiens et s'opposèrent catégoriquement aux Anglais déclarant qu'ils visaient l'indépendance. Certains souhaitaient que le Condominium demeure, alors que d'autres voulaient simplement mettre les Anglais dehors et que la France prenne possession de l’archipel entier. Cette division entre les francophones ajoutée à la confusion créée par Jimmy Stevens poussa pour l'autonomie d'Espiritu Santo (avec Tanna et Malekula suivant le pas) fut le cadre dans lequel se déroulèrent les premières élections générales.

Photo of Father Walter LiniAprès suffisamment de querelles et accusations pour remplir plusieurs volumes, en novembre 1979, le parti Vanua'aku de Father Walter Lini (photo ci-dessus) fut le gagnant. Mais le fait de gagner ne signifie pas être accepté par tous. On doit se souvenir que l'archipel est composé de plus de 80 îles et compte avec plus de 113 langages. C'est un des pays des plus divers culturellement parlant sur la terre. Les tentatives de gouverner ont donné plus d'ennuis au Condominium qu'on ne peut l'imaginer. Avec virtuellement aucune préparation pour l'indépendance sous la loi franco-britannique, Father Walter Liniavait des jours difficiles devant lui.

es Français sont réputés pour être possessifs envers leurs colonies, mais malgré leurs objections, l'indépendance fut programmée pour le milieu de l'année 1980. Cependant en mai de cette année là, à peine quelques semaines avant que la loi du Condominium ne prenne fin, une insurrection démarra à Tanna et sépara la population de l'île en deux. Une faction soutenait le nouveau gouvernement alors que l'autre appuyait les Français. À Espiritu Santo, Jimmy Stevens sauta sur l'occasion pour bloquer l'aéroport, chassa la police de son poste et déclara l'île indépendante de la future nation du Vanuatu, et finalement hissa le drapeau de la nation indépendante du Venerama.

Si l'on estimait que c'était la pagaille du temps du Condominium, à présent il régnait une souveraineté pour les semaines à venir. La France ne laissa pas intervenir les troupes britanniques et les forces françaises ne levèrent pas un doigt. Les hommes de Jimmy Stevens armés de simples arcs et de flèches étaient sur le point de faire chanter la future nation.  Father Walter Lini ne reçut virtuellement aucune aide du pouvoir colonial existant, à part des marques de sympathie verbales et l'assurance que tout serait pris en charge. Comme le jour de l'indépendance approchait, Lini se trouvait clairement dans une impasse. Officiellement il ne pouvait rien faire, car le pays n'était pas encore sous sa gouverne. Cependant il demanda aux troupes politiquement et racialement neutres de Papouasie Nouvelle-Guinée d'intervenir dans ce que le monde nomma de manière ridicule, la Guerre des Noix de coco.

Il existe de nombreux documents et traités politiques qui se penchent sur la Guerre des Noix de Coco. Bien que ce ne soit pas une situation amusante pour un pays mal préparé se battant pour une naissance difficile, les évènements de l'époque sont peut-être plus compréhensibles à la lumière de l'histoire coloniale récente et la culture mélanésienne. Un rapport court, plein d'esprit et facilement lisible, écrit par un journaliste de Sydney ; Richard Speers, intitulé « The Coconut War » est disponible chez Penguin Books et dans la plupart des librairies. 

 

Ce fut une guerre étrange, de mots et de doubles discours diplomatiques, d'arcs et de flèches et de haussements d'épaules francophones. Elle prit fin quand le fils de Stevens fut tué par balle alors qu'il était assis à l'avant d'un camion qui passait à travers un barrage routier des troupes papoues. Suivant sa propre déclaration comme quoi personne ne devait être blessé, Stevens se rendit et fut arrêté. Les documents indiquent clairement que l'administration française joua un double jeu. Alors qu'officiellement elle soutenait Lini comme le représentant dûment élu du peuple du Vanuatu, elle avait d'autre part secrètement soutenu les citoyens ayant fait sécession et Jimmy Stevens.

 

À minuit le 30 juin 1980, les drapeaux français et anglais furent affalés pour la dernière fois, dans les larmes et les bravos et le drapeau de la République du Vanuatu fut hissé à son tour pour célébrer la naissance d'une nouvelle nation, finalement libérée du joug colonial. La plupart des Français quittèrent le pays, ils furent compensés de la perte de leurs propriétés par le gouvernement français et la propriété de la terre revint entièrement aux ni Vanuatu avec des baux terriens à long terme de l'ordre de 60 ans environ. 


Drapeau national et emblème du Vanuatu

Drapeau national du Vanuatu
Vanuatu national flagLa dent de cochon et la feuille de namele représentent respectivement la prospérité et la paix.

Le jaune est une couleur brillante pleine de lumière, et symbolise la lumière du Christ qui brille sur la République du Vanuatu tout entière, la lettre « y ». Malon Kalontas a dessiné le drapeau national de la République du Vanuatu. Alors qu'il était à l'école, Malon avait appris que le Vanuatu avait une forme d’Y et je suppose que les couleurs ont une signification symbolique pour ses compatriotes, en tant que citoyens d'une nation nouvellement indépendante. Donc Malon traça un Y et ajouta les couleurs suivantes : noir pour la Mélanésie et la race mélanésienne, rouge pour l'unité par les liens du sang, vert pour l'agriculture, base de l'économie vanuataise. Jaune pour le christianisme.
Le blason
Vanuatu coat of armsLe blason est composé de l'emblème de la nation qui est la dent de cochon et la feuille de namele en arrière-plan. Hon Walter HaydeLini se battit pour que le pays devienne indépendant et il fut le premier ministre. Il déclara le jour de l'indépendance que « Long God Yumi Stanap » (nous sommes debout devant Dieu) serait la devise du Vanuatu signifiant qu'à partir de ce jour-là le 30 juin 1980, le peuple entier du Vanuatu devrait prendre position ensemble en tant qu'une seule et unique nation.

Emblème du Vanuatu
alt
La dent de cochon et la feuille de namele qui représentent la prospérité et la paix.