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Histoire

Explore Vanuatu’s rich cultural history and its role in World War 2



World War 2

Avec la chute de la France pendant la 2e guerre, le côté français du Condominium se trouvait, du point de vue de Vichy, techniquement en guerre avec l'autre côté, anglais. Cependant en 1940, la population française des Nouvelles-Hébrides rallia immédiatement le camp du Général de Gaule et les forces libres françaises. Ce furent les premiers Français des colonies à le faire. Peut-être pour l'unique fois dans l'existence du Condominium, les Français et les Anglais n'étaient pas en complet désaccord. Avec la France pliée sous la loi allemande, l'ambassadeur français se trouvait en position difficile, sans support, du fait de l'absence d'un gouvernement français fonctionnant correctement. Mais les inquiétudes envers ce genre de questions furent éclipsées par l'approche rapide des forces japonaises. 

Début 1942, les Japonais s’installèrent dans l'archipel tout proche des Salomon et les Néo-Hébridais vivaient dans la crainte de les voir arriver jusqu'à leurs rivages. Les Américains cependant débarquèrent les premiers, sans prévenir, en mai 1942.

American Troops make first arrival late 1930'sUne vision difficile à imaginer : se réveiller un matin, jeter un oeil sur la baie de Mele dans la lumière de l'aube et la découvrir envahie de bateaux de guerre. Nombre d'habitants de Port-Vila grimpèrent dans les collines croyant que les Japonais venaient d'arriver. Il fallut du temps pour rassurer les gens, mais l'arrivée furtive des Américains était indispensable à la stratégie défensive de lutte contre les soi-disant invincibles Japonais.
 

De nature effrontée et en état de guerre, les Américains prirent tout naturellement le contrôle. Ils organisèrent des infrastructures pour recevoir les hommes et les équipements nécessaires pour une contre-attaque. Ils apportèrent des centaines de milliers de tonnes de machines, construisirent des baraquements et des hôpitaux, des pistes d'atterrissage et des quais, tracèrent une route autour de l'île, tout cela avec la célérité typique du corps d'ingénieurs de l'armée dans la nécessité désespérée de repousser l'avance japonaise. Sans s'attarder sur les motifs, la lenteur des bureaucraties française et anglaise fut une honte, car ils ne firent rien pour soutenir le pays.

Près de 100 000 hommes de troupe débarquèrent à Espiritu Santo, doublant de fait la population du pays pratiquement du jour au lendemain. Et dans l'archipel, un phénomène social intéressant se produisit : les Néo-Hébridais étaient stupéfiés de l'apparente égalité de traitement entre les blancs et les Noirs américains. Et quand ces Néo-Hébridais travaillèrent pour les Américains, ils reçurent des marques de respect et des salaires comme ils n'en avaient jamais eu auparavant. La générosité typique américaine se pencha aussi sur les conditions de vie des îliens et ils leur firent don de literie, vêtements, frigos et mobilier, tout cela réquisitionné auprès de la coopérative militaire.
 

Plane crash relics of the second world war, SantoLes Néo-Hébridais connurent des jours heureux au début des années 1940. Le Vanuatu ne fut attaqué qu'une fois par un avion japonais (qui fut abattu), avec une seule victime : la vache Bess. Ainsi, le pays n'eut jamais à souffrir des horreurs de la présence japonaise comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou les îles Salomon. Ils reçurent de bons traitements, de meilleures conditions de vie, une aide médicale moderne, furent témoins d'une croissance économique et d'une vaste expansion des commodités, dont une grande partie est encore utilisée aujourd'hui avec quelques améliorations, 56 ans plus tard.
 

Trois ans après, à la fin de la guerre, les Américains repartirent aussi vite qu'ils étaient arrivés. La politique de prêt exigée par l'effort de guerre résulta sur le fait que les Américains ne pouvaient faire face au retour massif des biens dans leur propre pays. Ils suggérèrent au gouvernement du Condominium de racheter les équipements, bulldozers et autres machines modernes, grues et camions, matériel de bureau, pour un prix dérisoire.
 

Et les responsables du Condominium se dérobèrent pour finalement leur répondre que puisque de toute façon ils allaient partir en laissant tout derrière, pourquoi le Condominium devrait payer pour ces choses. La réponse fut de balancer tout le matériel mobile à la mer à coups de bulldozers. Cette décharge contribua au développement du Culte du Cargo, déjà important, à travers l'archipel et à l'augmentation du ressentiment des îliens contre la loi du Condominium.
 

Autour d'Efate les plongeurs peuvent trouver des vestiges de ce matériel de guerre, mais l'endroit le plus célèbre reste la pointe du nom de Million Dollar Point sur l'île d'Espiritu Santo. Les autorités du Condominium gardèrent l'idée que les natifs avaient été trop gâtés et trop payés. De nos jours, de nombreux Vanuatais se souviennent comment les autorités venaient dans les maisons de leurs pères pour reprendre ce que les Américains avaient donné : vêtements, mobilier, et autres trésors comme les frigos et des radios. La France et l'Angleterre étaient en déroute à la fin de la guerre. Ils avaient juste assez pour reconstruire leur propre pays et relever leurs économies pour se préoccuper des besoins des lointains postes océaniens et l'économie néo-hébridaise continua à chanceler dans un système politique conjoint et inadapté. Puis une étincelle jaillit et elle ne sembla pas vouloir s'éteindre, dans les années 1960, elle était prête à se propager. 

 
Le Président Coolidge

President Coolidge sails off for the first timeLe 21 février 1931, la veuve du trentième président des États-Unis, Calvin Coolidge, baptisa le plus grand et le plus beau paquebot jamais construit par un chantier américain. 654 pieds de long (près de 200 m) 21 936 tonnes, le Président Coolidge fut un des derniers navires luxueux.

Photo de gauche : avec la permission de Aquamarine Santo.

Tout sur le bateau alliait confort et luxe. Les passagers pouvaient se relaxer dans l'une des deux piscines d'eau de mer, dont une bordée d'une plage de sable blanc artificielle. Ils pouvaient aussi entendre de la musique classique dans la galerie des Musiciens attenante à la salle à manger des premières classes ou méditer dans l'élégance tranquille de la bibliothèque. L'endroit peut-être le plus impressionnant était le fumoir des premières classes. À une extrémité se trouvait un authentique foyer de marbre ancien.

Au-dessus du manteau de la cheminée, un grand panneau représentait une dame et une licorne. La pièce était meublée de fauteuils en noyer ultraconfortables recouverts de cuir vert, de tables de jeu et de guéridons en verre.

Le navire était équipé d'un gymnase, de salles de jeu pour enfants, d'une galerie commerciale, de fontaines à sodas, de salons de coiffure et de beauté, d'un jardin où prendre le thé, d'un pont nanti d'un golf, de terrains de tennis, de squash et de lancer d'anneaux. Il y avait même une Bourse pour les hommes d’affaires.

Les repas fins et un horaire strict avaient fait du Coolidge un favori de la Sunshine Route, de San Francisco à Honolulu, Yokohama, Kobe, Shanghai, Hong Kong et Manille.



Cependant en 1941, avec la possibilité que l'Amérique entre dans la guerre qui rageait en Europe, le Coolidge prit du service au sein de l'armée américaine comme transport pour les troupes qui partaient en renfort dans les garnisons du Pacifique. Une fois complètement aménagé, il pouvait transporter 5000 soldats. Une des piscines fut transformée en cale et le mobilier luxueux remplacé par des couchettes et des toilettes supplémentaires. Mais les installations fixes comme le tableau de la Dame à la Licorne restèrent en place.

Le Coolidge effectua plusieurs voyages dans le Pacifique Sud en 1942. Le 6 octobre de cette année-là, il quitta San Francisco pour la Nouvelle-Calédonie et Espiritu Santo chargé de 5092 officiers et hommes de troupe du 172e Régiment, 43e division d'infanterie : il y avait un grand besoin de renfort pour mener l'assaut sur Guadalcanal et ces hommes composaient une unité indépendante. Le Coolidge était réellement surchargé de machines de guerre.

Le matin du 26 octobre 1942, il approchait d'Espiritu Santo par l'est du canal du Segond. Les responsables avaient oublié de donner des « instructions spéciales » au Capitaine Nelson. Ces instructions ne pouvaient pas être divulguées sur les ondes radio pour raisons évidentes de sécurité. Suite à une succession de mésaventures et malentendus, le pilote ne réussit pas à le stopper, comme le navire embouquait le canal, les officiers radio n'eurent pas d'autre choix que rompre le silence radio et lancer un avis à 9 h 30 « Stop vous entrez à… » l'avertissement arriva trop tard.

Une explosion ébranla l’arrière, l'explosion d'une mine, une des nombreuses éparpillées le long d'un champ mortel en travers du canal. Trente secondes après, une deuxième explosion frappa la chambre des machines, le navire était mortellement touché. Le Capitaine Nelson ordonna de faire virer le bateau, déjà gîté, vers le rivage et l'échoua. Immédiatement les radeaux de survie et les filets, des échelles de Jacob, et des amarres furent mis à l'eau et l'ordre d'abandonner le navire fut donné.

President Coolidge wrecks at Santo's shoreTous à bord reçurent la consigne de laisser leurs affaires et leurs équipements à bord, ils reviendraient plus tard les récupérer. Les soldats abandonnèrent leurs casques et armes, bagages personnels, même une machine à écrire dans la précipitation de quitter le navire à l'agonie. Peut-être que le fait que ces hommes étaient des militaires ou des marins habitués à obéir compte dans le peu de pertes humaines à déplorer lors de l'abandon de l’épave.

Photo de gauche : avec la permission de Aquamarine Santo

Nombre d'entre eux furent brûlés par les produits chimiques en arrivant dans les eaux grasses et les installations d’Espiritu Santo ne disposaient pas d’assez de places pour tous ; le navire transportant leurs propres équipements. Mais le Coolidge ne laissa personne revenir à bord. 55 minutes après l'échouage, à 10 h 55 le grand paquebot fit une embardée et glissa en arrière dans les eaux sales de sa tombe marine le long du canal du Segond.

Il roula sur bâbord en coulant, emportant deux hommes qui disparurent à jamais. Un capitaine militaire alla chercher un des hommes manquants. On ne le retrouva jamais jusqu'à il y a quelques années, quand on découvrit son révolver de service au milieu de débris de vaisselle dans la cuisine. 

La perte de millions de dollars d'équipements et l'échec de l'effort de guerre ne représentaient pas grand-chose dans le chaos de la guerre, mais c'était néanmoins une erreur couteuse, la seconde en peu de temps, car le USS « Tucker » avait subi le même sort de l'autre côté du canal du Segond quelques mois auparavant.

Tout de même, une telle mésaventure fit d'Espiritu Santo une Mecque pour les plongeurs du monde entier, car le Coolidge est l'épave la plus grande, la plus accessible et la mieux conservée de la dernière guerre.

lle se trouve à quelques kilomètres de Luganville, la deuxième ville du pays, sur l'île d'Espiritu Santo, à quelques pas du rivage. Les plongeurs peuvent y accéder par bateau ou à pied, guidés par un des clubs de plongée basés à Luganville.

La visibilité sous marine tourne autour de 15 à 25 m, ce qui est assez exceptionnel pour une plongée sur épave. L'extérieur peut être exploré par les novices.

 

Dans l'épave, la plupart des endroits dignes d'intérêt, comme la fameuse Lady, permettent aux plongeurs de voir l'eau libre à tous moments, cependant, il est recommandé d’explorer tout d’abord l’extérieur du bâtiment avant de se lancer à l’intérieur.

 
Independance


La terre, pour les Néo-Hébridais, n'était pas une chose que l'on pouvait posséder. Et donc, elle ne pouvait pas être vendue. Cette certitude, portée de génération en génération, était à la base de la tradition bien avant la naissance de Jesus Christ. On pouvait la donner, ou vendre son usage, mais on ne pouvait commercialiser la terre elle-même. Cependant, les Européens avaient une idée toute différente. Dans le milieu des années 1960, les Européens réclamèrent des droits de propriété sur près de 30 % des terres du pays. Dans certains endroits d'Espiritu Santo, ils exigèrent ainsi plus de terrains qu'il n'en existait réellement, à moins que ces territoires continuent sous la surface de l'océan. Les colons, pour la plupart, avaient fait nettoyer la brousse pour planter des cocotiers, le copra étant le pilier de l'économie depuis longtemps. Mais quand le prix du copra commença à chuter, les planteurs cherchèrent une autre source de revenus. Dans l'idée d'élever du bétail, ils entreprirent de défricher la forêt proche de leurs propriétés. Ceci poussa les villageois d'Espiritu Santo et Malekula à protester, car leurs terres traditionnelles étaient menacées par ce défrichage. Les protestations allèrent augmentant et un ressentiment naturel vit le jour vers la fin de la 2e Guerre mondiale, ce qui entraina la formation de partis politiques. L'un d'entre eux, le mouvement du Nagriamel respectant la coutume était téléguidé par les Français. Mené par le charismatique Jimmy Stevens, son but était de protéger les terres traditionnelles mélanésiennes. D'un autre coté, en 1971, quand Stevens déposa une pétition auprès de l'ONU pour une indépendance de l'archipel, le pasteur anglican Father Walter Lini forma le Vanua'aku Paty, soutenu par les anglophones.

Comme le pays devenait politisé, les anglicans (en minorité) rejoignirent le Vanua'aku Paty, pendant que les francophones (la majorité) se séparaient. De nombreux métis et Mélanésiens francophones se considéraient eux-mêmes plus français que mélanésiens et s'opposèrent catégoriquement aux Anglais déclarant qu'ils visaient l'indépendance. Certains souhaitaient que le Condominium demeure, alors que d'autres voulaient simplement mettre les Anglais dehors et que la France prenne possession de l’archipel entier. Cette division entre les francophones ajoutée à la confusion créée par Jimmy Stevens poussa pour l'autonomie d'Espiritu Santo (avec Tanna et Malekula suivant le pas) fut le cadre dans lequel se déroulèrent les premières élections générales.

Photo of Father Walter LiniAprès suffisamment de querelles et accusations pour remplir plusieurs volumes, en novembre 1979, le parti Vanua'aku de Father Walter Lini (photo ci-dessus) fut le gagnant. Mais le fait de gagner ne signifie pas être accepté par tous. On doit se souvenir que l'archipel est composé de plus de 80 îles et compte avec plus de 113 langages. C'est un des pays des plus divers culturellement parlant sur la terre. Les tentatives de gouverner ont donné plus d'ennuis au Condominium qu'on ne peut l'imaginer. Avec virtuellement aucune préparation pour l'indépendance sous la loi franco-britannique, Father Walter Liniavait des jours difficiles devant lui.

es Français sont réputés pour être possessifs envers leurs colonies, mais malgré leurs objections, l'indépendance fut programmée pour le milieu de l'année 1980. Cependant en mai de cette année là, à peine quelques semaines avant que la loi du Condominium ne prenne fin, une insurrection démarra à Tanna et sépara la population de l'île en deux. Une faction soutenait le nouveau gouvernement alors que l'autre appuyait les Français. À Espiritu Santo, Jimmy Stevens sauta sur l'occasion pour bloquer l'aéroport, chassa la police de son poste et déclara l'île indépendante de la future nation du Vanuatu, et finalement hissa le drapeau de la nation indépendante du Venerama.

Si l'on estimait que c'était la pagaille du temps du Condominium, à présent il régnait une souveraineté pour les semaines à venir. La France ne laissa pas intervenir les troupes britanniques et les forces françaises ne levèrent pas un doigt. Les hommes de Jimmy Stevens armés de simples arcs et de flèches étaient sur le point de faire chanter la future nation.  Father Walter Lini ne reçut virtuellement aucune aide du pouvoir colonial existant, à part des marques de sympathie verbales et l'assurance que tout serait pris en charge. Comme le jour de l'indépendance approchait, Lini se trouvait clairement dans une impasse. Officiellement il ne pouvait rien faire, car le pays n'était pas encore sous sa gouverne. Cependant il demanda aux troupes politiquement et racialement neutres de Papouasie Nouvelle-Guinée d'intervenir dans ce que le monde nomma de manière ridicule, la Guerre des Noix de coco.

Il existe de nombreux documents et traités politiques qui se penchent sur la Guerre des Noix de Coco. Bien que ce ne soit pas une situation amusante pour un pays mal préparé se battant pour une naissance difficile, les évènements de l'époque sont peut-être plus compréhensibles à la lumière de l'histoire coloniale récente et la culture mélanésienne. Un rapport court, plein d'esprit et facilement lisible, écrit par un journaliste de Sydney ; Richard Speers, intitulé « The Coconut War » est disponible chez Penguin Books et dans la plupart des librairies. 

 

Ce fut une guerre étrange, de mots et de doubles discours diplomatiques, d'arcs et de flèches et de haussements d'épaules francophones. Elle prit fin quand le fils de Stevens fut tué par balle alors qu'il était assis à l'avant d'un camion qui passait à travers un barrage routier des troupes papoues. Suivant sa propre déclaration comme quoi personne ne devait être blessé, Stevens se rendit et fut arrêté. Les documents indiquent clairement que l'administration française joua un double jeu. Alors qu'officiellement elle soutenait Lini comme le représentant dûment élu du peuple du Vanuatu, elle avait d'autre part secrètement soutenu les citoyens ayant fait sécession et Jimmy Stevens.

 

À minuit le 30 juin 1980, les drapeaux français et anglais furent affalés pour la dernière fois, dans les larmes et les bravos et le drapeau de la République du Vanuatu fut hissé à son tour pour célébrer la naissance d'une nouvelle nation, finalement libérée du joug colonial. La plupart des Français quittèrent le pays, ils furent compensés de la perte de leurs propriétés par le gouvernement français et la propriété de la terre revint entièrement aux ni Vanuatu avec des baux terriens à long terme de l'ordre de 60 ans environ. 


Drapeau national et emblème du Vanuatu

Drapeau national du Vanuatu
Vanuatu national flagLa dent de cochon et la feuille de namele représentent respectivement la prospérité et la paix.

Le jaune est une couleur brillante pleine de lumière, et symbolise la lumière du Christ qui brille sur la République du Vanuatu tout entière, la lettre « y ». Malon Kalontas a dessiné le drapeau national de la République du Vanuatu. Alors qu'il était à l'école, Malon avait appris que le Vanuatu avait une forme d’Y et je suppose que les couleurs ont une signification symbolique pour ses compatriotes, en tant que citoyens d'une nation nouvellement indépendante. Donc Malon traça un Y et ajouta les couleurs suivantes : noir pour la Mélanésie et la race mélanésienne, rouge pour l'unité par les liens du sang, vert pour l'agriculture, base de l'économie vanuataise. Jaune pour le christianisme.
Le blason
Vanuatu coat of armsLe blason est composé de l'emblème de la nation qui est la dent de cochon et la feuille de namele en arrière-plan. Hon Walter HaydeLini se battit pour que le pays devienne indépendant et il fut le premier ministre. Il déclara le jour de l'indépendance que « Long God Yumi Stanap » (nous sommes debout devant Dieu) serait la devise du Vanuatu signifiant qu'à partir de ce jour-là le 30 juin 1980, le peuple entier du Vanuatu devrait prendre position ensemble en tant qu'une seule et unique nation.

Emblème du Vanuatu
alt
La dent de cochon et la feuille de namele qui représentent la prospérité et la paix.

 
Les missionaires

Deux missionnaires mirent le pied sur Erromango en 1839, et la mort de l'un de leurs membres les plus réputés (John Williams de la London missionary Society) incitèrent les sociétés missionnaires à agir avec plus de discernement. Au cours des 9 années suivantes, ils utilisèrent des Polynésiens convertis. Les Polynésiens étaient considérés comme de la chair à canon, s'ils survivaient, les Européens pouvaient alors débarquer en sécurité. En 1845, Turner déposa des moniteurs samoans sur Efate, mais la plupart d'entre eux furent tués en quelques années.

Par la suite, des prêcheurs catholiques, protestants et anglicans venus de France, d'Angleterre et de Nouméa firent diverses tentatives de séjours de courte durée pour convertir les Ni Vanuatu, qui aboutirent par la mort de certains d'entre eux ou des retraites précipitées. Cependant, ils ne se déclarèrent pas vaincus et dans les années 1860 des missions de différentes confessions existaient dans l'archipel.

Les effets de leur présence sur les populations locales furent variés. Parmi ceux qui adoptèrent le christianisme, nombreux furent ceux qui disparurent, du fait qu'ils étaient plus exposés aux maladies introduites par les missionnaires. Des épidémies aussi diverses que la dysenterie, la rougeole, la variole, la grippe, la pneumonie, la scarlatine, les oreillons et le simple, mais souvent mortel rhume. 
 

Les médecines traditionnelles, combinées à un certain degré d'immunité, qui avait fait leurs preuves avec les maladies endémiques, n'eurent aucun poids contre ces horreurs.
En conséquence, ceux qui n'avaient pas cédé aux religions étrangères embrassèrent un point de vue intéressant et compréhensible : certains estimèrent que les nouvelles doctrines et leurs Dieux n'avaient aucun pouvoir sur le mal, d'autres adoptèrent une attitude plus pragmatique, dans la mesure où toute maladie est issue de la sorcellerie, le christianisme devait donc être particulièrement malveillant pour s'en prendre à ses propres fidèles d'une manière si violente. Cette prise de position aboutit à la mort de nombreux missionnaires après les épidémies.

Photo avec la permission du Centre Culturel du Vanuatu John LayardMissionaire à Malekula1914-1915

Cependant, les missionnaires continuaient à arriver et finirent par avoir un impact sur la société mélanésienne, en certains endroits leur présence détruisit à jamais le riche héritage séculaire des communautés. Étonnamment, le catholicisme en particulier fut adopté le plus rapidement, les religieux ne désapprouvant pas le fait que les natifs introduisent certaines de leurs croyances animistes au dogme catholique. Le succès du catholicisme devait avoir un effet puissant sur la manière dont le pays, connu alors sous les Nouvelles-Hébrides, serait finalement gouverné.

 
Les premiers explorateurs

À la fin du 16e siècle, les explorateurs européens étaient persuadés qu’il existait un continent dans l’hémisphère sud pour faire contre poids aux grandes masses continentales du nord. Deux expéditions espagnoles quittèrent le Pérou à sa recherche sans succès, ils découvrirent en revanche l'archipel des Salomon. Un lieutenant portugais, effectuant son deuxième voyage, Pedro Ferdinand de Quiros sauva l'équipage après la mort du pilote Mendana à Santa Cruz, en ramenant toute la troupe aux Philippines. Pendant les dix années suivantes, de Quiros divisa la couronne espagnole pour faire financer une autre expédition. Finalement en 1605 il arriva à ses fins et on lui donna l'ordre de partir à la recherche de ce continent mythique, de le coloniser et de convertir les habitants au catholicisme. (À cette époque, le roi d'Espagne était le Pape Clément VIII)

Le 21 décembre, de Quiros quitta le Pérou avec une flotte de trois petits navires montés par 140 hommes d'équipage, soldats, aventuriers et moines. Après un long voyage, il arriva une fois de plus aux Salomon, et apprit que plus au sud se trouvait une grande terre du nom de Mallicollo.

Le 25 avril 1606, la vigie aperçut le pic de l'île de Mere Lava. De Quiros s'arrêta peu de temps à Gaua avant de mettre le cap vers le sud. Le 3 mai, il entra dans Big Bay, et du fait de sa taille, estima qu'il avait fini sa quête du nouveau continent. Il nomma cette terre Australia del Espiritu Santo.

Avec la diplomatie coutumière des Espagnols conquistadors de l'époque, il posa pied à terre à Big Bay et sans tarder fit feu sur les natifs curieux qui surgissaient sous les frondaisons, puis prit possession du pays au nom de Dieu et de l'Espagne. De Quiros établit une colonie du nom de Nouvelle Jérusalem près de la rivière Jourdain. Rapidement son instabilité mentale fit surface, il s'autoproclama Roi, mais les fièvres, l'hostilité des iliens et autres problèmes poussèrent les hommes d'équipage et les colons à se révolter contre de Quiros de plus en plus déséquilibré. Et seulement 54 jours plus tard, de Quiros fut obligé de partir. Son rapport faisant état d'un nouveau monde fabuleux eut peu d'impact à la Cour d'Espagne et ses tentatives de lever une autre expédition échouèrent. L’archipel retrouva pour cent soixante ans le calme et la paix.

En 1766, le Français Louis Antoine de Bougainville se lança dans un voyage de découverte avec deux navires. Ses explorations furent plus méthodiques et il releva les îles deMaewo, Pentecôte, Ambrym (tout en ne pouvant affirmer qu'il ne s'agissait pas d'une seule grande terre) et Malekula, en plus d’apporter la preuve qu'Espiritu Santo était en fait une île et non le continent mythique de l'hémisphère sud. Dans un accès d'égo typique des explorateurs, il donna son nom au canal qui sépare Malekula et Espiritu Santo.

 

 

Les escales de Bougainville furent mises à profit pour embarquer du bois et des fruits frais afin de combattre le scorbut. Chaque fois, son équipage rencontra une hostilité généralement passive, mais parfois active de la part des natifs.

Bougainville observa que les gens d'Aoba (aujourd'hui appelée Ambae, ou Bali Hai par l'écrivain James Michener) semblaient de types distincts, l'un plus sombre et plus petit que l'autre. Cette différence n'étant plus visible, on suppose que la dernière immigration polynésienne eut lieu quelques centaines d'années auparavant tout au plus.

Avant le retour de Bougainville en Europe, James Cook, explorateur anglais avait mis à la voile pour son premier voyage de découverte. Cependant, il ne découvrit le Vanuatu qu'au cours de la deuxième expédition en 1771.

Comme ses prédécesseurs, Cook commandait une flottille comptant avec deux navires. En novembre 1773, les deux bateaux furent séparés par un violent coup de vent dans le nord de la Nouvelle-Zélande. Le deuxième navire, « Adventurer » rentra en Angleterre pendant l'été 1774. Cook passa quelque temps à la recherche de l'Adventurer en mettant cap au sud-est tout d'abord puis vers le nord-ouest. Il se trouvait aux alentours de l'île de Pâques en mai 1774, et vers les Tonga en juin. Il quitta les Tonga le 1er juillet 1774 et le 16 du même mois il aperçut une terre. Le jour suivant il réalisa qu'il était en vue de Australia del Espiritu Santo

Les voyages d'exploration de Cook furent plus importants que ceux de ses prédécesseurs. Comme il naviguait vers le sud, il réalisa que Pentecôte et Ambrym étaient deux îles distinctes et qu'Ambrym comptait avec deux volcans actifs. Plus au sud, il estima que Paama et Lopevi ne faisaient qu'une seule terre. Il identifia Epi en allant vers l'ouest et jeta l'ancre à Port-Sandwich au sud de Malekula, un des meilleurs mouillages de l'archipel.

Pendant les semaines suivantes, Cook continua vers le sud, découvrit Efate, Erromango et Tanna, rencontrant des indigènes pour la plupart suspicieux. Il mit pied à terre plusieurs fois pour obtenir du bois et de l'eau douce, troquer des vêtements et même un chien contre de la nourriture et l'autorisation de prendre de l'eau dans les rivières, voire d'abattre un arbre pour réparer un gouvernail endommagé. On lui refusa partout l'accès à l'intérieur des terres et on lui interdit de faire l'ascension du mont Yasur à Tanna. Il quitta finalement l'archipel, mit à la voile vers le nord le long des côtes ouest de Malekula et Santo.

Tout comme son prédécesseur Bougainville, Cook remarqua que différentes races semblaient occuper différentes régions des îles. Il observa de même la forme allongée et aplatie du crâne de nombreux îliens du nord, mais sans réaliser que cela était dû à une coutume d'élongation du crâne.

En 1786, La Pérouse fut envoyé dans les Mers du Sud par le gouvernement français. On entendit parler de lui pour la dernière fois à Botany bay en Australie, puis il disparut sans laisser de trace. Tout récemment on apprit quel avait été son sort, l'épave de son navire fut découverte sur le récif de l'île Santa Cruz, la plus au sud des Salomon, juste au nord de l'archipel des Torres.

Les explorateurs envoyés à sa recherche, d'Entrecastaux en 1791 et Dumont d'Urville en 1825 rapportèrent avoir aperçu les côtes du Vanuatu, mais ni l'un ni l'autre ne s'en approcha.

Dillon partit, lui aussi, à la recherche de La Pérouse (près de 40 ans plus tard on se demande ce qu'il espérait trouver) en 1826 et arriva à Erromango, il jeta l'ancre dans la baie qui porte encore son nom de nos jours. Cependant à cette époque, les Mers du Sud devenaient de plus en plus courues, du fait entre autres de l'établissement des Anglais en Australie. Malheureusement, ces îles isolées attirèrent l'attention de ce qui peut être tristement, mais correctement, décrit comme le rebut de la race blanche. Les horreurs qui s'en suivirent furent à l'origine de la diminution de la population qui passa de près d'un million d'habitants à l'époque de Cook, à moins de 45 000 lors de la 2e guerre mondiale.

 

 
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